La CNAMS IDF a le plaisir d’accueillir une nouvelle fédération au sein de sa confédération : celle de la maréchalerie. À cette occasion, Marilyne Baudin, secrétaire générale de la CNAMS IDF et nationale, a rencontré Jacques Petiau, maréchal-ferrant en Île-de-France et représentant de cette fédération. Un échange riche sur un métier ancestral, en pleine évolution pour répondre aux défis de demain.
Un savoir-faire ancestral, une passion cheville au corps

Installé à Garancières (78890), Jacques Petiau incarne la passion et l’exigence de la maréchalerie. Depuis 2013, son entreprise, spécialisée dans l’adaptation sur-mesure des ferrures, prouve que chaque cheval est unique.
« La maréchalerie, c’est avant tout une histoire de relation avec l’animal. Chaque sabot, chaque allure, chaque besoin est différent », souligne-t-il.
Son parcours, commencé à 15 ans en 2006, est celui d’une vocation précoce :
« C’est en regardant le maréchal-ferrant travailler dans un centre équestre que j’ai su que ce métier serait le mien. Après un premier stage en 4ème, je n’ai plus quitté les chevaux. »
Une passion qui le guide encore aujourd’hui, après 20 ans d’expérience.
Un métier en mouvement : s’adapter pour durer

La maréchalerie, bien que vieille de plusieurs millénaires (elle remonte à l’Antiquité, où elle servait déjà les chevaux militaires, agricoles ou de transport), doit aujourd’hui se réinventer.
« Nous devons faire évoluer notre métier avec les nouvelles techniques de fabrication, de production, et surtout en fonction des attentes des propriétaires et des animaux », explique Jacques Petiau.
Pour lui, l’enjeu est double :
- Moderniser la formation : « Il existe 5 CFA/CMA pour les titres professionnels (CTM/BTM), mais aussi de nombreuses écoles privées. Pourtant, nous manquons de visibilité. Il faut structurer l’offre pour attirer les jeunes. »
- Élargir le champ d’action : « La maréchalerie ne se limite pas aux chevaux. Nous devons aussi réfléchir aux animaux à sabots ou à cornes (ânes, bovins, zoos…), et accompagner le retour de l’agriculture de labour, où les chevaux et bovins ont leur place. »
« Redorer l’image de ce métier magnifique, c’est aussi le rendre acteur du bien-être animal », insiste-t-il. « Nous faisons partie de ce combat, et nous devons en être fiers. »
Un avenir prometteur, ancré dans les territoires

Jacques Petiau, vice-président de l’Union Française des Maréchaux-ferrants nationale regroupant 160 adhérents, porte une vision ambitieuse :
« La maréchalerie a ses lettres de noblesse, mais elle doit s’inscrire dans les enjeux de demain. Cela passe par la formation, l’innovation, et une meilleure reconnaissance de notre rôle auprès des animaux et des professionnels. »
Pour la CNAMS IDF, l’arrivée de cette fédération est une opportunité de mettre en lumière des métiers essentiels, souvent méconnus, mais porteurs de sens et d’avenir.
« Accueillir la maréchalerie, c’est aussi rappeler que l’artisanat et les services aux animaux ont toute leur place dans notre économie locale ».

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